Pompe à chaleur air/air : on équipe des pièces, pas un logement
Sans circuit d'eau, la chaleur ne se distribue pas dans toute la maison : chaque unité traite le volume où elle se trouve. Cette logique change la façon de concevoir le projet, et explique la plupart des satisfactions comme des déceptions constatées à l'usage.
- Ce que l'absence de circuit d'eau implique
- Comment choisir les pièces à équiper
- Les quatre formes d'unités intérieures
- L'entretien courant, à la charge de l'occupant
La chaleur passe directement dans l'air, sans intermédiaire
Une machine air/eau chauffe l'eau d'un circuit, qui alimente ensuite radiateurs ou plancher : la distribution est assurée par le réseau hydraulique. Une machine air/air fait autrement. Elle transmet la chaleur directement à l'air, dans chaque pièce équipée d'une unité intérieure.
Il n'y a donc pas de réseau qui porte la chaleur d'un bout à l'autre du logement. Chaque unité traite le volume où elle se trouve, et rien au-delà.
- Aucune eau chaude sanitaire — le système ne comporte pas de circuit d'eau et ne peut pas alimenter un ballon. Un appareil séparé reste nécessaire.
- Aucun raccordement aux émetteurs existants — radiateurs à eau et plancher chauffant relèvent d'une autre famille. Voir la PAC air/eau.
- Des liaisons frigorifiques relient chaque unité au groupe extérieur, avec les exigences propres à ces interventions. Voir les liaisons frigorifiques.
- Le plus souvent réversible, ce qui apporte un usage estival absent des machines à eau sur radiateurs. Voir la PAC réversible.
Une conséquence directe, souvent découverte après la pose : les pièces non équipées ne bénéficient pas du système, ou seulement par les portes ouvertes.
Six effets de l'absence de circuit d'eau
Aucun n'est rédhibitoire, mais tous se posent avant la décision plutôt qu'à la première saison de chauffe.
| Effet | Ce qu'il implique |
|---|---|
| Des pièces traitées et des pièces non traitées | Couloirs, dégagements, sanitaires et petites chambres restent souvent sans unité. La répartition de la chaleur devient inégale, et les portes ouvertes deviennent un paramètre de confort. |
| Un confort par soufflage d'air | La chaleur arrive par un flux, non par rayonnement. La sensation diffère de celle d'un radiateur, et l'orientation du flux compte autant que la puissance de l'appareil. |
| Un bruit intérieur | Chaque unité produit un niveau sonore, faible mais présent, dans la pièce elle-même. Le critère prend de l'importance dans une chambre. |
| Des condensats à évacuer | En fonctionnement estival, chaque unité produit de l'eau. Le trajet d'évacuation se prévoit à la pose, avec parfois une pompe de relevage. Voir le bac à condensats. |
| Une eau chaude à traiter séparément | Chauffe-eau électrique, thermodynamique ou solaire selon le projet. Voir le chauffe-eau thermodynamique. |
| Un cadre d'entretien distinct | Ces systèmes ne relèvent pas des obligations propres aux chaudières. Les exigences applicables dépendent de la puissance et de la nature de l'installation. Voir l'entretien de pompe à chaleur. |
Le premier point est celui qui pèse le plus à l'usage. Sur un logement cloisonné, l'air/air convient mieux en complément de chauffage ou sur des volumes ouverts que comme solution unique pour toutes les pièces.
Quelles pièces équiper, et avec quelle unité
Le projet se construit pièce par pièce. Deux décisions se prennent pour chacune : faut-il une unité, et laquelle.
Les pièces prioritaires
Séjour et pièces de vie viennent en premier : volume important, occupation longue, et souvent configuration ouverte qui favorise la diffusion.
Une chambre s'équipe selon l'usage réel, en tenant compte du bruit de l'unité pendant la nuit.
Les pièces laissées de côté
Couloirs, sanitaires, buanderie restent généralement sans unité, faute de justifier l'investissement et l'encombrement.
La question devient alors : comment ces pièces sont-elles chauffées, et par quoi.
La forme de l'unité
Murale, console en partie basse, cassette encastrée en plafond ou gainable dissimulé : chaque forme répond à une contrainte de local.
Elles peuvent se combiner sur une même installation. Voir le multi-split.
Une unité surdimensionnée pour sa pièce fonctionne par à-coups et devient inconfortable ; sous-dimensionnée, elle tourne en permanence sans atteindre la consigne. Le calcul se fait volume par volume. Voir le dimensionnement.
Chaque unité répond à une contrainte de local
Aucune n'est supérieure : elles ne résolvent pas le même problème. Le choix se fait sur le bâti réel, pièce par pièce.
Murale et cassette
- L'unité murale se pose en partie haute d'un mur, sans travaux particuliers. C'est la solution la plus simple en rénovation, à condition de disposer d'une surface pleine en hauteur.
- La cassette s'encastre dans un faux plafond et diffuse sur plusieurs directions depuis le centre de la pièce. Elle libère tous les murs mais impose un plénum. Voir la PAC cassette.
Console et gainable
- La console se place bas, comme un radiateur, et convient aux pièces sous pente ou largement vitrées où le mural ne trouve pas sa place. Voir la PAC console.
- Le gainable dissimule l'appareil et distribue l'air par un réseau de gaines, ne laissant apparaître que des grilles. Il suppose un chantier de plafond. Voir la PAC gainable.
Sur une installation à groupe partagé, plusieurs formes peuvent cohabiter dans les limites fixées par le fabricant.
Un entretien courant qui pèse davantage qu'ailleurs
Sur une installation à eau, les émetteurs ne demandent presque rien au quotidien. Sur une installation à air, le geste le plus simple conditionne à la fois les performances et l'ambiance des pièces.
À la charge de l'occupant
- Les filtres — chaque unité en comporte, et leur nettoyage régulier fait partie de l'usage normal. Voir le nettoyage des filtres.
- Le dégagement des unités — rien devant le soufflage ni devant la reprise d'air.
- L'aspect des sorties — des traces ou une odeur inhabituelle signalent qu'une intervention s'impose.
- L'unité extérieure — échangeur dégagé de feuilles et de végétation, évacuation de l'eau de dégivrage libre.
La fréquence dépend fortement du logement : animaux, moquette, proximité d'une voie passante accélèrent nettement l'encrassement.
Une dégradation progressive et discrète
- Le débit d'air diminue, donc la puissance réellement délivrée dans la pièce.
- La consommation augmente pour un résultat moindre.
- L'appareil devient plus bruyant.
- L'air soufflé peut prendre une odeur désagréable.
- La machine peut finir par se mettre en défaut.
C'est la première vérification à faire avant de conclure à une panne. SaniBreizh réalise la plomberie et le chauffage avec ses propres équipes depuis Lorient. Voir la zone d'intervention.
Des installations réalisées dans le Morbihan
Unités extérieures, réseaux et chantiers sur le secteur de Lorient.
Ce que les clients demandent au téléphone
Une PAC air/air chauffe-t-elle toute la maison ?
Non, sauf à équiper chaque pièce. Chaque unité traite le volume où elle se trouve, sans réseau qui porte la chaleur ailleurs. Les pièces non équipées ne bénéficient du système que par les portes ouvertes.
Peut-elle produire l'eau chaude sanitaire ?
Non. Le système ne comporte aucun circuit d'eau et ne peut pas alimenter un ballon. L'eau chaude relève d'un appareil séparé, à traiter dans le même projet.
Peut-on la raccorder à mes radiateurs ?
Non, les radiateurs à eau et le plancher chauffant relèvent des machines air/eau. Une installation air/air transmet la chaleur directement à l'air des pièces.
Est-ce bruyant dans les pièces ?
Chaque unité produit un niveau sonore faible mais présent, celui du ventilateur et du flux d'air. Le critère prend de l'importance dans une chambre, et l'encrassement des filtres l'aggrave nettement.
À quelle fréquence nettoyer les filtres ?
Cela dépend fortement du logement : animaux, moquette ou proximité d'une voie passante accélèrent l'encrassement. C'est un geste d'usage normal, et la première vérification avant de conclure à une panne.
Est-ce que ça rafraîchit l'été ?
La plupart des modèles sont réversibles et soufflent alors de l'air frais. Cette fonction produit des condensats dans chaque unité, dont l'évacuation se prévoit dès la pose.
Est-ce suffisant comme chauffage principal ?
Cela dépend de la configuration du logement. Sur des volumes ouverts, c'est envisageable. Sur un logement très cloisonné, la répartition inégale entre pièces équipées et pièces oubliées se ressent fortement.
Combien d'unités faut-il ?
Autant que de pièces à traiter, dans les limites du groupe extérieur retenu. Le calcul se fait volume par volume : une unité surdimensionnée fonctionne par à-coups, une unité insuffisante tourne sans atteindre la consigne. Le montant du déplacement est annoncé au téléphone avant tout engagement.