Douche à l'italienne à l'étage sur plancher bois
C'est la configuration qui fait reculer le plus d'artisans, et celle où les malfaçons coûtent le plus cher. Un plancher bois travaille, se déforme légèrement sous charge et ne pardonne aucune approximation sur l'étanchéité. Réalisée dans les règles, une douche de plain-pied y tient parfaitement — dans les longères, les pentys et les maisons de bourg du Morbihan comme ailleurs.
- Solivage contrôlé et renforcé avant toute pose
- Étanchéité liquide sous carrelage, avec bandes d'angle et manchettes
- Évacuation passée entre solives, sans les entailler n'importe où
- Traitement acoustique pour ne pas transmettre le bruit à l'étage inférieur
Un plancher bois n'est pas une dalle béton
Une dalle est stable et inerte. Un plancher bois fléchit légèrement au passage, se dilate avec l'humidité et transmet les vibrations. Trois différences qui imposent trois réponses techniques précises, avant même de parler de carrelage.
- La flexion. Un plancher trop souple fissure les joints puis le carrelage. Le solivage se contrôle, se renforce ou se double avant toute pose.
- Le mouvement. Le bois travaille, le carrelage non. La désolidarisation entre les deux évite que les tensions ne se reportent sur le revêtement.
- L'eau. Sur béton, une infiltration reste locale. Sur bois, elle se diffuse dans la structure et se signale des années plus tard par le plafond du dessous.
- Le bruit. Une évacuation fixée directement sur une solive transforme le plancher en caisse de résonance pour toute la maison.
Ce qu'il faut sous le carrelage
Toute la faisabilité tient dans quelques centimètres. Il faut loger le siphon, la pente d'écoulement et l'étanchéité entre le dessus des solives et le sol fini. Quand la hauteur manque, deux solutions existent : le caniveau mural, qui déporte l'évacuation contre la cloison, ou un léger rehaussement de la zone de douche.
| Élément | Épaisseur à prévoir |
|---|---|
| Receveur extra-plat | 3 à 4 cm, plus le siphon en dessous |
| Siphon extra-plat | Environ 6 à 9 cm de garde au sol |
| Douche maçonnée avec pente | Davantage, selon la longueur d'écoulement |
| Étanchéité liquide et colle | Quelques millimètres |
| Caniveau mural | Solution quand la hauteur au sol manque |
Ces ordres de grandeur varient selon les produits retenus. Le relevé sur place mesure la hauteur réellement disponible entre le plancher porteur et le niveau fini souhaité.
Cinq étapes qui décident de la durée de vie du chantier
Sur plancher bois, l'ordre des opérations compte autant que les matériaux. Chaque étape conditionne la suivante, et aucune ne se rattrape après la pose du carrelage.
Sondage du plancher
Section et entraxe des solives, portée, état du bois, souplesse ressentie et traces d'humidité anciennes.
Renfort
Doublage ou renfort du solivage si nécessaire, puis panneaux rigides vissés pour obtenir un support stable.
Évacuation
Passage entre solives, jamais par entaille sauvage. Fixations souples pour ne pas transmettre le bruit.
Étanchéité
Système d'étanchéité liquide, bandes d'angle, manchette de bonde et remontées sur les murs adjacents.
Carrelage
Pose désolidarisée, joints souples en périphérie, silicone sanitaire puis mise en eau et contrôle.
Six erreurs qui reviennent dans les reprises
Ces défauts se retrouvent régulièrement lors des dépôses de chantiers antérieurs. Aucun ne se voit à la réception : tous se manifestent entre deux et cinq ans plus tard.
Carreler sans étanchéité
Un carrelage et ses joints ne sont pas étanches. Sans système d'étanchéité liquide dessous, l'eau finit par atteindre le bois.
Oublier les angles
La jonction sol-mur est le point de rupture. Sans bande d'angle armée, l'étanchéité se fissure exactement là où l'eau ruisselle.
Négliger le renfort
Un plancher qui fléchit fissure les joints en quelques mois, puis les carreaux. Le renfort coûte bien moins qu'une réfection complète.
Entailler les solives
Une saignée mal placée pour faire passer l'évacuation affaiblit la structure porteuse. Le passage se réfléchit avant, pas pendant.
Pente insuffisante
Trop faible, l'eau stagne et les joints noircissent. Trop forte, le carrelage grand format ne se pose plus correctement.
Poser sans désolidariser
Le bois bouge, le carrelage non. Sans natte de désolidarisation, les tensions se reportent directement sur le revêtement.
Des douches posées à l'étage dans le Morbihan
Combles aménagés, chambres transformées en salle d'eau, étages de maisons anciennes : ces chantiers ont tous été réalisés sur support bois.
Ce que les clients demandent avant de se lancer
Est-ce vraiment possible sur un plancher bois ?
Oui, à condition de contrôler et souvent de renforcer le support, puis d'appliquer une étanchéité liquide adaptée aux supports déformables.
Mon plancher est un peu souple, est-ce rédhibitoire ?
Pas nécessairement. Un doublage du solivage ou la pose de panneaux rigides suffit dans la plupart des cas. Le sondage tranche avant tout devis.
Faut-il ouvrir le plafond de la pièce du dessous ?
Parfois, pour passer l'évacuation ou renforcer le solivage. Quand c'est le cas, c'est annoncé avant signature, pas découvert en cours de chantier.
Combien de hauteur faut-il ?
Il faut loger le siphon, la pente et l'étanchéité. Quand la hauteur manque, un caniveau mural ou un léger rehaussement de la zone de douche résout la situation.
Le poids d'une douche pose-t-il problème ?
Une douche maçonnée pèse plus lourd qu'un receveur extra-plat. Sur solivage ancien, le second est souvent préféré, précisément pour cette raison.
Va-t-on entendre l'eau à l'étage du dessous ?
Pas si l'évacuation est fixée sur colliers souples et non directement sur les solives, et si les canalisations traversant le plancher sont désolidarisées.
Combien de temps dure le chantier ?
Comptez quelques jours de plus que sur dalle béton, le temps du renfort et du séchage de l'étanchéité. Le planning est annoncé avant le démarrage.
Et dans une petite pièce sous les toits ?
La douche se place côté bas du rampant, le lavabo sous la partie haute. Voir douche en petite surface.