Échangeur : il y en a deux, et ils ne se dégradent pas de la même façon
Une pompe à chaleur en comporte deux, l'un côté extérieur et l'autre côté circuit de chauffage. Le premier subit l'air, les feuilles et le sel ; le second subit l'eau du réseau. Deux environnements, deux causes d'encrassement, deux entretiens distincts.
- Où la chaleur change réellement de milieu
- Ce qui encrasse chacun des deux
- Pourquoi la dégradation ne déclenche aucune alarme
- Ce qui la ralentit durablement
L'endroit où la chaleur passe d'un milieu à l'autre
Une pompe à chaleur transporte de la chaleur entre deux milieux qui ne se mélangent jamais. Les échangeurs sont les points où ce transfert s'opère, à travers une paroi qui sépare les fluides tout en laissant passer la chaleur.
Toute la performance de la machine dépend de la qualité de cet échange. Un échangeur qui transmet moins bien oblige le compresseur à travailler davantage pour un résultat équivalent.
- Côté extérieur, l'échangeur prélève la chaleur de l'air. C'est celui que l'on voit derrière les grilles de l'unité, avec ses ailettes serrées. Voir l'unité extérieure.
- Côté intérieur, il cède cette chaleur à l'eau du circuit de chauffage, dans le module hydraulique. Voir le module hydraulique.
- Sur une installation à air, le second échangeur se trouve dans chaque unité intérieure et cède la chaleur à l'air de la pièce.
- Leurs rôles s'inversent en mode rafraîchissement, sans que leur emplacement change. Voir la PAC réversible.
Ces deux composants ne consomment pas d'énergie : ils la laissent passer. C'est le compresseur qui paie le prix de leur encrassement. Voir le compresseur.
Ce qui encrasse l'un n'atteint jamais l'autre
C'est la distinction utile pour comprendre l'entretien : chaque échangeur se dégrade par le milieu qu'il côtoie, et rien ne circule de l'un à l'autre.
Une dégradation par l'extérieur
- Les végétaux — feuilles, aiguilles, graines et duvets se plaquent contre les ailettes et réduisent le passage de l'air.
- Les poussières et pollens forment un dépôt qui s'accumule saison après saison.
- Les ailettes déformées par un choc ou un nettoyage brutal ferment localement le passage.
- La corrosion saline en bord de mer attaque progressivement les surfaces d'échange. Voir la zone littorale.
- Le givre, phénomène normal traité par les cycles de dégivrage. Voir le givre.
Une dégradation par le réseau
- Les boues issues de la corrosion interne du circuit se déposent et bride l'échange.
- Les dépôts calcaires, selon la dureté de l'eau et les températures atteintes.
- Les particules venues d'un réseau ancien, que le filtre doit retenir avant l'échangeur.
- La corrosion, liée à la présence d'air ou à un mélange de matériaux dans le circuit.
- Les passages étroits de certains échangeurs les rendent particulièrement sensibles à ces dépôts.
Sur une machine de piscine, le second échangeur reçoit une eau traitée, ce qui ajoute des contraintes de matériau absentes d'un circuit fermé. Voir la PAC de piscine.
Une dégradation qui ne déclenche aucune alarme
Un échangeur ne tombe pas en panne au sens où on l'entend. Il transmet simplement de moins en moins bien, sans code affiché ni arrêt de la machine.
Une performance qui baisse
La machine fonctionne plus longtemps pour le même résultat, et la consommation augmente sans que rien ne le signale.
L'écart se remarque sur une facture annuelle, rarement au jour le jour.
Un appoint plus sollicité
Quand l'échange ne suffit plus, la résistance d'appoint prend le relais plus souvent qu'elle ne le devrait.
C'est un indice indirect utile. Voir l'appoint électrique.
Des mises en sécurité tardives
Ce n'est qu'à un stade avancé que la régulation finit par afficher un défaut, alors que la cause s'est installée depuis longtemps.
Voir les codes erreur.
C'est précisément pour cette raison que l'entretien périodique compte davantage ici que sur des organes qui, eux, signalent leur défaillance. Un échangeur nettoyé chaque année ne se dégrade pas ; un échangeur oublié pendant cinq ans se rattrape difficilement.
Six mesures qui protègent les surfaces d'échange
Certaines relèvent de l'occupant, d'autres de l'intervention ou de la conception. Toutes ont plus d'effet que n'importe quel rattrapage tardif.
| Mesure | Ce qu'elle évite |
|---|---|
| Dégager les abords de l'unité | Végétation, feuilles mortes et objets stockés contre la machine. Un geste simple, à faire notamment à l'automne dans un jardin arboré. |
| Choisir l'implantation avec soin | Sous un arbre, contre une haie ou face aux embruns, l'échangeur extérieur s'encrasse nettement plus vite. Voir l'emplacement de l'unité extérieure. |
| Faire nettoyer l'échangeur à air | Le nettoyage en profondeur relève de l'intervention : les ailettes se déforment facilement, et un jet trop puissant les referme au lieu de les dégager. |
| Traiter l'eau du circuit | Un réseau protégé ne produit pas les boues qui viennent se déposer côté eau. C'est la mesure la plus efficace sur cet échangeur. |
| Entretenir le filtre du circuit | Il retient les particules avant qu'elles n'atteignent l'échangeur. Encore faut-il qu'il existe et qu'il soit nettoyé. |
| Traiter le réseau avant la pose | Sur un remplacement de chaudière, l'état intérieur du circuit existant se vérifie avant de le raccorder à une machine neuve. |
L'entretien périodique de la machine couvre ces points, avec un intervalle qui ne peut excéder deux ans pour les systèmes concernés. Voir l'entretien de pompe à chaleur.
Quand le nettoyage ne suffit plus
Un échangeur se nettoie, mais tout ne se rattrape pas. Certaines dégradations relèvent du remplacement de la pièce, voire de la machine.
Les situations récupérables
- Un encrassement extérieur, même important, si les ailettes sont intactes.
- Des dépôts côté eau, traités par une opération de nettoyage du réseau et de l'échangeur.
- Des ailettes légèrement couchées, redressées lors de l'intervention.
- Un filtre encrassé ou absent, remis en état ou installé.
Dans tous ces cas, la cause se traite en même temps que le symptôme, faute de quoi le phénomène se reproduit.
Les dégradations définitives
- Une corrosion avancée des surfaces d'échange, notamment en environnement salin.
- Des ailettes écrasées sur une surface importante, par un choc ou un nettoyage inadapté.
- Un percement de l'échangeur, qui met en communication deux circuits séparés.
- Un colmatage ancien et généralisé côté eau, sur un réseau jamais traité.
Ces cas engagent le remplacement de la pièce, avec une intervention sur le circuit frigorifique selon le côté concerné. Voir l'attestation de capacité. SaniBreizh réalise la plomberie et le chauffage avec ses propres équipes depuis Lorient. Voir la zone d'intervention.
Des installations réalisées dans le Morbihan
Unités extérieures, modules et réseaux sur le secteur de Lorient.
Ce que les clients demandent au téléphone
Combien d'échangeurs comporte une pompe à chaleur ?
Deux : l'un côté extérieur, qui prélève la chaleur de l'air, l'autre côté intérieur, qui la cède à l'eau du circuit ou à l'air des pièces. Chacun se dégrade par le milieu qu'il côtoie.
Puis-je nettoyer l'échangeur extérieur moi-même ?
Dégager les feuilles et la végétation autour de l'unité relève de l'usage courant. Le nettoyage en profondeur relève de l'intervention : les ailettes se déforment facilement, et un jet trop puissant les referme.
Ma machine consomme plus qu'avant.
Un échangeur encrassé transmet moins bien, ce qui allonge les temps de fonctionnement sans qu'aucune alarme ne se déclenche. C'est l'une des causes à examiner, avec les réglages et l'état du réseau.
Y a-t-il un code d'erreur quand il est encrassé ?
Rarement, et tardivement. La régulation ne signale un défaut qu'à un stade avancé, alors que la dégradation s'est installée depuis longtemps. C'est ce qui rend l'entretien périodique déterminant ici.
Le traitement de l'eau protège-t-il l'échangeur ?
C'est la mesure la plus efficace côté circuit. Un réseau protégé ne produit pas les boues qui viennent se déposer sur les surfaces d'échange et brider le transfert.
Un échangeur se remplace-t-il ?
Oui, mais l'opération suppose une intervention sur le circuit frigorifique selon le côté concerné, relevant d'exigences propres. Sur une machine ancienne, le coût se compare à celui d'un remplacement complet.
Le bord de mer pose-t-il un problème ?
L'air salin attaque progressivement les surfaces d'échange extérieures. L'exposition aux embruns entre dans le choix de l'emplacement, et la fréquence des nettoyages s'en trouve augmentée.
Que faire avant de raccorder une machine neuve ?
Vérifier l'état intérieur du circuit existant. Raccorder un échangeur neuf à un réseau chargé revient à l'encrasser dès la première saison. Le montant du déplacement est annoncé au téléphone avant tout engagement.