Dégivrage : ce n'est pas une panne, mais sa fréquence en dit long
Le givre se forme sur l'échangeur extérieur, et la machine s'en débarrasse par un cycle prévu pour cela. Contrairement à l'intuition, ce n'est pas par grand froid sec qu'il apparaît le plus, mais autour de zéro par temps humide — un climat que le littoral breton connaît bien.
- Pourquoi le givre se forme, et quand
- Ce qui se passe pendant un cycle
- Ce qui est normal, ce qui ne l'est pas
- Ce qu'il ne faut jamais faire
Pourquoi le givre apparaît, et quand
Pour prélever de la chaleur dans l'air, l'échangeur extérieur doit être plus froid que cet air. L'humidité qu'il contient se dépose alors sur les ailettes, et gèle dès que leur température descend sous le point de congélation.
Le phénomène ne dépend donc pas du froid seul mais du couple froid et humidité. C'est ce qui explique un constat déroutant : le givrage est souvent plus important autour de zéro par temps humide que par grand froid sec, un air très froid contenant peu d'humidité.
- Le littoral est concerné au premier chef — un climat océanique enchaîne les périodes douces et humides, celles où le givre se forme le plus.
- Le brouillard et la pluie fine aggravent nettement le phénomène.
- Le givre isole l'échangeur et réduit l'échange : le laisser s'accumuler dégraderait le fonctionnement.
- La machine gère cela seule, par des cycles déclenchés selon sa propre logique. Voir l'échangeur.
Une machine qui dégivre n'est donc pas une machine en difficulté : c'est une machine qui fait ce pour quoi elle est conçue, dans les conditions où cela se produit.
Cinq choses qui se produisent pendant un dégivrage
Elles surprennent lorsqu'on les découvre, et sont pourtant toutes normales. Les reconnaître évite un appel inutile.
| Constat | Ce qui l'explique |
|---|---|
| Le ventilateur s'arrête | Il ne sert plus pendant cette phase, et son arrêt évite de disperser la chaleur destinée à faire fondre le givre. |
| De la vapeur s'échappe | L'échangeur réchauffé fait fondre puis évaporer une partie du givre, ce qui produit un panache facilement pris pour de la fumée. |
| Le bruit change | Le fonctionnement diffère du régime courant, avec parfois un claquement au basculement. Voir le claquement au démarrage. |
| De l'eau s'écoule | Le givre fondu s'évacue sous l'appareil. Son volume surprend souvent au premier hiver. Voir le bac à condensats. |
| Le chauffage marque une pause | Pendant ce temps, la machine ne produit pas de chaleur pour le logement. La sensation reste discrète sur une installation à forte inertie. |
C'est l'une des raisons pour lesquelles un plancher chauffant absorbe très bien ces interruptions, là où un émetteur à faible inertie les laisse davantage percevoir. Voir PAC et plancher chauffant.
Ce qui est normal, ce qui ne l'est pas
La fréquence et le résultat des cycles distinguent un fonctionnement sain d'une situation à examiner.
Ce qui n'appelle pas d'inquiétude
- Des cycles espacés, plus fréquents par temps doux et humide que par froid sec.
- Un dégivrage qui se termine, l'échangeur reprenant un aspect dégagé.
- Une durée limitée, après laquelle le fonctionnement normal reprend.
- De l'eau qui s'écoule et s'évacue sans stagner.
- Un givre léger et uniforme entre deux cycles.
Ce qui mérite un appel
- Des cycles qui s'enchaînent presque sans interruption. Voir le dégivrage continu.
- Un givre qui ne disparaît pas malgré les cycles.
- Une couche épaisse ou de la glace qui s'accumule sur l'échangeur ou en partie basse.
- Un bloc de glace au sol sous l'appareil, signe d'un écoulement bloqué.
- Un givrage marqué alors qu'il ne fait pas particulièrement froid. Voir le givrage permanent.
Trois familles d'explications à un excès
Quand les cycles deviennent trop fréquents, la cause se trouve rarement dans la machine elle-même.
L'implantation
Une unité qui réaspire son propre air rejeté travaille sur un air artificiellement froid, ce qui multiplie les cycles.
C'est la première piste à examiner. Voir l'emplacement de l'unité.
L'état de l'échangeur
Des ailettes encrassées par les feuilles, la poussière ou le sel marin échangent moins bien et givrent plus vite.
Voir le nettoyage de l'unité.
Le circuit lui-même
Un débit d'eau insuffisant, une charge de fluide incorrecte ou un capteur défaillant modifient les conditions de fonctionnement.
Ces points relèvent d'un diagnostic professionnel. Voir la fuite de fluide.
L'écoulement mérite aussi un regard : une évacuation qui se bouche ou qui regèle transforme l'eau de dégivrage en glace sous l'appareil, laquelle finit par gêner le fonctionnement.
Ce qui s'observe, et ce qu'il ne faut pas faire
Face à de la glace, le réflexe est d'intervenir. C'est précisément ce qui cause le plus de dégâts sur ces appareils.
Les gestes qui abîment
- Casser ou gratter la glace — les ailettes se déforment très facilement et l'échangeur peut être percé.
- Verser de l'eau chaude sur l'appareil, ce qui regèle plus bas et peut endommager des composants.
- Approcher une source de chaleur, quelle qu'elle soit.
- Couper l'alimentation en pensant arrêter le phénomène : la machine ne pourra plus dégivrer.
- Bâcher l'unité en fonctionnement, ce qui empêche l'air de circuler.
Les observations utiles
- Noter la fréquence approximative des cycles et les conditions extérieures du moment.
- Dégager la neige accumulée autour de l'appareil, sans toucher aux ailettes.
- Vérifier que l'écoulement sous l'unité n'est pas obstrué.
- Retirer feuilles et végétaux accumulés à proximité.
- Transmettre ces éléments au téléphone : ils orientent le diagnostic bien plus vite qu'une description du ressenti.
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Ce que les clients demandent au téléphone
Le dégivrage est-il un défaut ?
Non, c'est une fonction prévue. Le givre isole l'échangeur et réduit l'échange : la machine s'en débarrasse par des cycles déclenchés selon sa propre logique.
Pourquoi ma machine dégivre-t-elle alors qu'il ne gèle pas ?
Le phénomène dépend du couple froid et humidité, pas du froid seul. Autour de zéro par temps humide, l'air contient beaucoup d'eau : c'est la zone où le givre se forme le plus.
De la fumée sort de l'unité, est-ce grave ?
Il s'agit de vapeur d'eau. L'échangeur réchauffé fait fondre puis évaporer une partie du givre, ce qui produit un panache facilement pris pour de la fumée.
Le chauffage faiblit pendant ces phases.
C'est normal : la machine ne produit pas de chaleur pour le logement pendant le cycle. La sensation reste discrète sur une installation à forte inertie, plus perceptible sinon.
Combien de cycles sont normaux ?
Il n'existe pas de fréquence de référence : elle dépend des conditions extérieures du moment. Ce qui alerte, c'est un enchaînement quasi continu ou un givre qui ne disparaît pas.
Puis-je enlever la glace moi-même ?
Non. Gratter ou casser déforme les ailettes et peut percer l'échangeur, et verser de l'eau chaude regèle plus bas. Une accumulation anormale se fait examiner.
Il y a un bloc de glace au sol sous l'appareil.
Cela signale un écoulement bloqué ou une évacuation qui regèle. L'eau de dégivrage doit pouvoir partir librement, faute de quoi la glace finit par gêner le fonctionnement.
Mes cycles sont trop fréquents, d'où cela vient-il ?
Trois pistes : une implantation où la machine réaspire son air rejeté, un échangeur encrassé, ou un point du circuit à vérifier. La première est la plus fréquente. Le montant du déplacement est annoncé au téléphone avant tout engagement.